dans Documents 51ZxNBcpIEL_SL500_AA300_       Les Lits en Diagonale de Icart Anne

 
Il a cinq ans de plus qu’elle, ils dorment dans la même chambre, leurs lits en diagonale, et il est son grand frère adoré, son héros. Anne a à peine sept ans – « l’âge de raison » – quand sa mère lui dit que Philippe est malade, et qu’il ne guérira pas. Elle ne comprend pas tout, elle est trop petite, mais elle reçoit l’essentiel, de plein fouet : elle comprend qu’il faudra toujours veiller sur lui. Ne jamais le laisser seul. L’aimer plus fort que les autres. De ce jour, elle va grandir le c ur accroché à son frère, « son héros aux ailes brisées », handicapé mental à cause d’une césarienne faite trop tard lors de sa naissance.
Comme des instantanés ultrasensibles de leurs vies, les souvenirs affluent, mêlant passé et présent, parfois cruels et douloureux, le plus souvent tendres et joyeux, voire cocasses. Et avec eux des sentiments extrêmement forts, le désir sauvage de protéger, la honte, le remords, la rage impuissante, la culpabilité, la peur, la difficulté à construire sa vie à soi, à aimer d’autres hommes – mais surtout l’amour, cet amour plus fort que les autres. « Personne ne peut imaginer comme je suis nouée à toi ; même pas moi » : c’est ce qu’elle raconte ici, de leur enfance dans les années 1970 à aujourd’hui où « tout va bien », parce que le regret de ce qui aurait pu être a laissé la place à l’acceptation de ce qui est vraiment.

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